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Album : All the best from
All the best from
All the best from
  1. Loves Story inédit
  2. La Chambre
  3. The Animals
  4. Que sera votre vie ?
  5. The Radio
  6. Cupid
  7. John & Mary
  8. Missing Shadow Blues
  9. Idiotic
  10. Lady of Guadalupe live
  11. Ballade Mexicaine
  12. Le Désert
  1. 13.  The Gun
  2. 14.  La Déluge (d'après moi)
  3. 15.  Video Chuck
  4. 16.  The Poplars
  5. 17.  Ghost drip
  6. 18.  Night Way

All the best from

(2004)

Compilation testamentaire, ce best of est conçu comme un véritable cadeau d'adieu de la part des Strasbourgeois, une fois la séparation du groupe officiellement annoncée. Cadeau particulièrement généreux : un CD propose un résumé des sept albums du groupe en dix-huit titres, dont un inédit (l'haletant « Loves Story » réalisé pendant les sessions de Kat Onoma quatre ans plus tôt), et un DVD offre plus de 2h30 d'images souvent somptueuses, agrémentées de titres audio. Les amateurs apprécieront en particulier le concert magnifiquement filmé au Transbordeur de Lyon pendant la dernière tournée du groupe, les clips souvent marqués par une grande qualité esthétique (quoi de plus normal pour des musiciens plus que sensibles aux arts visuels ?), ainsi que les extraits du film de Philippe Poirier. Ce dernier, traversé d'éclairs de super 8 comme autant d'épiphanies, alternant réalisme des corps en situation et visions oniriques, échappe au cadre rigide du reportage-vérité sur un groupe de musiciens : un film a-narratif et paysagiste sur les musiques derrière la musique, les images derrière l'image...

A.B.

album : Live à la Chapelle
Live
à la Chapelle
Live à la chapelle
  1. Petit Vagabond
  2. Be Bop de Beep
  3. Cupid
  4. Magic
  5. Soirs de Sam
  6. Old Trouble
  7. Ballade Mexicaine
  8. Change Blues
  9. Over You
  10. Family Dingo + Radioactiviy

Live à la Chapelle

(2002)

Rodolphe Burger : chant, guitares
Philippe Poirier : guitares, saxophone, chant
Guy Bix Bickel : trompette, chant
Pascal Benoit : batterie, chant - guitare et chant sur "Over you"
Pierre Keyline : basse
Marco de Oliveira : séquences, chant
Gérard Tempia-Bonda : violon
Frédéric Deville : violoncelle

Pochette : Grégoire Hespel

Produit par Kat Onoma
 

Ce second album live a été enregistré les 22 et 23 septembre 2001, mais pas n'importe où et dans n'importe quelles circonstances. Cette année-là, Rodolphe Burger a lancé la création d'un festival pluri-artistique dans sa petite ville alsacienne d'origine, Sainte-Marie-aux-Mines : « C'est dans la Vallée ». Festival qui, depuis, s'est considérablement renforcé, a trouvé son profil d'équilibre et suscite un bel engouement... Pour sa toute première édition, Kat Onoma se devait de figurer en tête d'affiche, d'autant que le groupe venait de sortir de son silence avec un disque aussi surprenant que splendide. C'est donc dans la chapelle de Saint-Pierre-sur-L'Hâte, un bâtiment du XVIIème siècle pas spécialement conçu pour des concerts de rock mais à l'acoustique idéale, que le quintette se livre devant un public réduit. Ambiance intimiste encore garantie...

La set-list met fortement l'accent sur le dernier album, paru quelques mois auparavant. Le groupe s'est donc entouré d'un violoniste et d'un violoncelliste, sans oublier le fidèle Marco de Oliveira au séquenceur. Résultat : les musiciens adaptent parfaitement à la scène des morceaux que l'on pouvait croire prisonniers d'un processus d'élaboration en studio. Au contraire même, ils gagnent en puissance sans rien perdre de leur chatoiement. La maîtrise et le feeling du groupe, après quinze ans d'activité, n'y sont pas pour rien. On a donc, encore une fois, affaire à un pur moment de musique, à un spectacle époustouflant de densité et jalonné de petites surprises...

Parmi celles-ci, l'émouvante entrée en matière du « Petit Vagabond » échappé de Meteor Show, mise en musique tamisée d'un poème de William Blake, ou le classique « Cupid », joué de manière extrêmement tendue et abrasive, à la Far from the pictures. Puisque les vénérables murs ont tenu le choc malgré l'embrasement de l'air, le groupe en rajoute une couche en claquant un « Family Dingo » absolument décoiffant, à la limite de la cacophonie free jazz. Après un « Radioactivity » terminal, émergeant de cinq minutes de mutisme tel un monstre venu des abysses, pas la peine de continuer : tout est calciné, place au silence pour de bon...

A.B.

album : Kat Onoma
Kat Onoma
Kat Onoma
  1. Intro
  2. Que sera votre vie ?
  3. Be Bop de Beep
  4. Family Dingo
  5. Magic
  6. Parade
  7. Soirs de Sam
  8. Ghosts Drip
  9. Old Trouble
  10. Ballade Mexicaine
  11. Tragic Muse
  12. La Scie Electrique
  13. Change Blues

Kat Onoma

(2001)

Rodolphe Burger : chant, guitares, claviers
Philippe Poirier : guitares, saxophone, chant, arrangement des cuivres
Guy Bix Bickel : trompette, chant
Pascal Benoit : batterie, percussions, chant
Pierre Keyline : basse
Vincent Pierrens & Marco de Oliveira : basse additionnelle, chant
Cordes arrangées et dirigées par Marie-Jeanne Serero
The London Community Gospel Choir dirigé par Daniel Thomas

Produit par Ian Caple et Kat Onoma.
 

Après quatre années de sommeil pour le collectif, mais pendant lesquelles chacun s'est livré à diverses activités, Kat Onoma revient avec un disque éponyme. Pour démarrer une nouvelle vie ? Hélas, cet album studio sera finalement le dernier... Enrichi par les aventures solo de Burger (Meteor Show) et Poirier (Qui donne les coups ?), le quintette se place sous la houlette du producteur anglais Ian Caple, notamment architecte sonore des Tindersticks ou du Fantaisie Militaire de Bashung. Audacieux, Kat Onoma fait également intervenir un quatuor à cordes pour étoffer sa musique, et même le London Community Gospel Choir sur une poignée de titres, tout en répandant çà et là de discrets effluves électroniques. Résultat : un nouveau coup de maître, extrêmement varié qui plus est, de la part d'un groupe résolu à faire éclater les carcans... Le flux tragique des cordes confère une certaine majesté aux titres les plus sombres ou tendus : les incantations de « Que sera votre vie ?», l'abyssale désolation de  « Magic » et « Soirs de Sam », la marche funèbre de « Ghosts Drip », l'étouffement industriel de « La Scie Electrique » doivent beaucoup au quatuor dirigé par Marie-Jeanne Serero…

Mais tout n'est pas obscurité dans ce disque versicolore. Avec le tourbillon de « Family Dingo » (sur un texte névrotique et jouissif d'Olivier Cadiot), l'humour acquiert une démesure toute baroque. D'autres poussées de sève secouent l'album, et une joie expansive règne même sur le boogie électro-gospel de  « Old Trouble », par exemple. Oui, il fait soleil ! L'auditeur a donc droit à une excursion exotique via la très douce « Ballade Mexicaine » de Philippe Poirier, reprenant les choses là où « Lady of Guadalupe » les avait laissées ; sauf que le deuil a laissé la place à une profonde méditation poétique signée Spicer. Pour conclure, « Change Blues » du même Poirier est une lumineuse invitation au renouvellement, chantée tour à tour par les membres du groupe et reprise par les chanteurs gospel, sur un air country-folk gorgé de réverbérations. Il ne faut pas hésiter à changer, à évoluer, à partir dans l'inconnu : cela tombe bien, Kat Onoma l'a fait avec ce disque. Avant de nous dire au revoir...

A.B.

album : Happy Birthday Public
Happy Birthday
Public
Happy Birthday Public
Disque 1 :

  1. The Shape on the ground
  2. Meow meow
  3. Et Cetera
  4. Ashbox
  5. Passe/Donne
  6. A Birthday
  7. Missing Shadow Blues
  8. Song
Disque 2 :
  1. Cupid
  2. Cheval-Mouvement
  3. Lady of Guadalupe
  4. The Landscape
  5. Riverrun
  6. Le Désert
  7. A Wind that hungers
  8. No Poem
  9. Radioactivity
  10. Over You

Happy Birthday Public

(1997)

Rodolphe Burger : chant, guitares acoustique et électrique
Philippe Lamiral Poirier : guitare, saxophone
Pascal Benoit : batterie, guitare et chant sur "Over you"
Pierre Keyline : basse
Guy Bix Bickel : trompette

Produit par Kat Onoma.
 

Au cours de l'hiver 1996-1997, pour célébrer ses dix ans d'existence, le groupe donne une série de concerts enregistrés dans deux petites salles parisiennes : le Garage, puis le Pigall's. Appréhendant les chansons non pas en public mais avec le public, Kat Onoma revisite son répertoire soir après soir, laissant ses propres chansons respirer, courir au vent, se gonfler de sève au contact de l'assistance et de son souffle, dans des lieux à dimension humaine...

Le premier disque, enregistré au Garage, arbore une tonalité plutôt acoustique et fait la part belle aux compositions de Rodolphe Burger pour son premier album solo, le sobre Cheval-Mouvement. Les titres feutrés défilent dans leur nudité, chauds tels le corps d'une femme alanguie ; pour un peu, on confondrait Burger avec Leonard Cohen... Le groupe en formation parfois réduite pousse le dépouillement à l'extrême, privilégie l'épure, mais l'ambiance recueillie s'électrise de temps à autre : en témoignent les crépitements de « A Birthday » et un « Missing Shadow Blues » dilaté, posé sur la braise, transfiguré en dérive somnambule...

Issu des concerts donnés au Pigall's, le second disque est empli de watts en volutes, dans un style à mi-chemin entre la lave brûlante de l'album précédent et le raffinement ambigu de Stock Phrases. Revisitant quelques titres de ses quatre albums, le quintette rhabille élégamment des chansons qui, en studio déjà, se distinguaient par une évidente prestance. Et en conclusion, deux audacieuses reprises :  « Over you » du Velvet traité sur le mode badin par Pascal Benoit au chant, sans oublier l'habituel morceau de bravoure qu'est le « Radioactivity » de Kraftwerk, parcouru de vagues de radiations électriques affluant et refluant somptueusement pendant 10 minutes…

A.B.

album : Far from the pictures
Far from
the pictures
Far from the pictures
  1. Artificial Life
  2. Idiotic
  3. Video Chuck
  4. La Chambre
  5. Bingo
  6. A Sad Tale
  7. Reality Show
  8. No Poem
  9. Love Loop
  1. 10.  Le Déluge (d'après moi)
  2. 11.  Blue Velvet
  3. 12.  John and Mary
  4. 13.  Missing Shadow blues
  5. 14.  A Birthday

Far from the pictures

(1995)

Rodolphe Burger : chant, guitares, banjo, harmonium, wurlitzer
Philippe Lamiral Poirier : guitares, saxophone
Guy Bix Bickel : trompette, fluegelhorn
Pierre Keyline : basse
Pascal Benoit : batterie, percussions, chant
Rebecca Pauly : chant (sur « John and Mary »)

Produit par Djoum et Kat Onoma.
 

Trois ans après les éruptions flamboyantes de Billy the Kid, c'est cette fois dans les tréfonds du volcan que nous invite Kat Onoma. Le luminisme a cédé la place au ténébrisme, mais attention, un ténébrisme incandescent : Far from the pictures est un disque tellurique, gorgé à ras bord de lave en fusion, une caverne crépitant de mille lueurs. Cet opus est le plus ouvertement rock de la discographie du groupe, les guitares sales et plaintives s'y taillant la part du lion au détriment des cuivres, notamment de la trompette de « Bix » qui se fait plutôt discrète. Plomb et plume à la fois, ce disque dégage une époustouflante cohérence malgré la coexistence de chansons dures et de ballades plombées, ainsi qu'une grande impression de contiguïté, de tassement des chairs, de pression rarement relâchée...

Dès l'ouverture martiale d'«Artificial Life », nous voilà prévenus : voilà un album à très haut voltage, malgré de brefs intermèdes entre les combats ou l'humour fantaisiste d'un « Bingo » à la rythmique country-funk déglinguée. Un souffle épique anime certaines chansons (« Le Déluge », « John and Mary »,  « Missing Shadow Blues »). L'épique selon Kat Onoma ? Une emphase réfrénée, une ardeur belliqueuse dérivée, une raideur qui s'assouplit, bref, un cheval fougueux sévèrement maintenu en bride…

Mais cet album ne serait pas aussi somptueux sans deux superbes ballades, les deux perles rayonnant au cœur du volcan. « La Chambre », d'abord. Tel un peintre chinois, le groupe trace la mélodie d'un trait aussi plein que léger, sans oublier de dessiner le vide et le silence tout autour. Rarement le minimalisme et l'ambiguïté auront fait aussi bon ménage, donnant naissance à un modèle de chanson intimiste, chanson d'automne en apesanteur entre la douceur et un érotisme voilé, abstrait. Le phrasé mi-parlé mi-chanté de Rodolphe Burger magnifie cette déambulation intérieure s'achevant avec les soupirs mélancoliques de la trompette... « A Birthday », ensuite, sur un texte du poète Robert Creeley : on y trouve Kat Onoma au sommet de son art d'orfèvrerie, capable comme personne de mêler tristesse plombante et douceur céleste, de brasser mélancolie et réconfort pour dérouler une électrique et envoûtante tapisserie musicale...

A.B.

album : Billy the Kid
Billy the Kid
Billy the Kid
  1. The Radio
  2. Le Désert
  3. The Gun
  4. Will you dance?
  5. Riverrun
  6. The Trap
  7. Lady of Guadalupe
  8. Memo
  9. B. the L.
  1. 10.  Night Way
  2. 11.  The Poplars
  3. 12.  The Heart (bonus)
  4. 13.  The Pain(bonus)
  5. 14.  The Radio - remix (bonus)
Commander
commander sur dernierebande

Billy the Kid

(1992)

Rodolphe Burger : chant, guitare, queño, piano, basse
Guy Bix Bickel : trompette
Philippe Lamiral Poirier : saxophone, guitare, queño, contrebasse
Pierre Keyline : basse
Pascal Benoit : batterie, chant

Produit par Luc Tytgat et Kat Onoma.
 

Nouvelle suite de séquences pour l'oreille, Billy the Kid semble répondre à la définition du concept album : il s'articule autour des textes de l'obscur écrivain américain Jack Spicer, textes eux-mêmes tirés de son livre homonyme paru en 1958. Mais il ne s'agit pas d'une mise en musique linéaire de l'histoire du hors-la-loi : plutôt de convocations de son fantôme, voire d'interventions post- mortem éminemment plus sensitives que narratives. Le style de Spicer, proche du cut-up, imposait au groupe de composer une série de fragments émotionnels, assez déconnectés les uns des autres et essentiellement reliés par la présence-absence du Kid. Cette déconnexion se manifeste par un évident éclectisme musical. Mais le plus étonnant, c'est que ces écrits (auxquels il faut ajouter trois contributions de Thomas Lago) hantés par les ombres, peuplés de coups de feu, de rivières tortueuses, de vieux journaux découpés, de peupliers caressés par la lune, ces textes plombés par la solitude, l'errance et la mort, sont portés par une musique souvent lumineuse, expansive comme rarement chez Kat Onoma.

Entre les deux antipodes des compositions de Poirier (le faussement hymnesque « The Radio » et l'aride  « The Poplars », décharnée jusqu'à l'os avec sa poussière de jazz), Kat Onoma déclenche des cavalcades électriques, ou au contraire développe des ambiances mi-soyeuses mi-granuleuses, parfois laid-back. Stylisant les musiques américaines afin de concocter ce road movie dans le Far West, le groupe donne parfois naissance à d'étranges joyaux comme "Riverrun", rejeton spasmodique de la country fécondée par le free jazz, ou "Lady of Guadalupe", lente dérive de la musique mexicaine en pleurs vers les rivages froids de l'Europe…

Vrai-faux album concept, peut-être le plus direct et le plus accessible de Kat Onoma, Billy the Kid est l'oeuvre d'un groupe ayant gagné en assurance et en maîtrise, au point de réaliser un disque aux atours limpides mais qui laisse sa complexité poétique éclore doucement, ses paradoxes germer, sa part d'ombre s'étendre, et qui se bonifie d'écoute en écoute... comme tout grand millésime.

A.B.

album : Stock Phrases
Stock Phrases
Stock Phrases
  1. The Animals
  2. Private Eye
  3. Lady M.
  4. Lifeguard's Ditty
  5. A Wind that hungers
  6. The Landscape
  7. Four Color Game
  8. Ashbox
  9. Worst Friend
  10. Come on everybody
  11. Be Bop a lula
  12. Don Juan (bonus)

Stock Phrases

(1990)

Rodolphe Burger : chant, guitares, queño
Guy Bix Bickel : trompette, chant
Philippe Lamiral Poirier : saxophone, guitare
Pierre Keyline : basse
Pascal Benoit : batterie, chant

Produit par Kat Onoma
 

Sur ce second album, Kat Onoma persiste à privilégier l'oblique au détriment de la ligne droite. Mais la musique du groupe, à la tonalité plus urbaine que jamais, a gagné en fluidité et en densité avec l'arrivée d'une seconde guitare tenue par Philippe Poirier : les deux instruments jumeaux tissent des entrelacs serpentins, légers comme la soie et néanmoins résistants comme le cuir. Quant aux choeurs plein d'allant du batteur Pascal Benoit, ils accentuent le relief des titres les plus rythmés, offrant un parfait contrepoint à la voix grave et distanciée de Rodolphe Burger. Résultat : un disque d'une élégance en clair-obscur n'excluant pas une certaine énergie.

De la mélodie torve et entêtante de « The Animals » au menaçant « A Wind that hungers », en passant par les inquiétantes langueurs de « Lady M. » ou le roman noir de « Private Eye », Stock Phrases cultive un goût certain pour la tension ravalée, pour la menace d'éruption : si le tonnerre n'éclate toujours pas, la tourmente menace sans répit, de morceau en morceau…

Mais tout n'y est pas zébré d'éclairs muets : plusieurs chansons arborent de vrais sourires entre les nuages, explosant parfois en épiphanies de cuivres fringants, notamment sur la reprise de « Come on everybody » qui, avec celle de « Be bop a lula », balise un nouveau pèlerinage vers les racines du rock'n'roll...

Kat Onoma affirme ici son style basé sur l'hypnose sonore : miroitement, fulgurance, alternance opacité/lumière et répétition de la trame mélodique confèrent à cette musique une plasticité pas très éloignée du meilleur rock new-yorkais.

A.B.

album : Cupid
Cupid
Cupid
  1. Cupid
  2. The Ditty of the drowned father
  3. Take a message to Mary
  4. from Pompei
  5. Wild Thing
  6. Aphrodite's Lizard
  7. Electric Cant
  8. Full Moon, Full Jail
  9. Liar
  10. Cupid (version acoustique)
  1. 11.  Beggar's Law (bonus)
  2. 12.  Mary P (bonus)
  3. 13.  A Nice Mess (bonus)
  4. 14.  Sam Song (bonus)
  5. 15.  Cupid - remix (bonus)

Cupid

(1988)

Rodolphe Burger : chant, guitare
Pascal Benoit : batterie, chant
Guy Bix Bickel : trompette, chant
Pierre Keyline : basse
Philippe Lamiral Poirier : saxophone
Ariane : murmure
Michel Jehlen : guitare (sur bonus tracks)

Produit par Kat Onoma.
 

Album inaugural pour Kat Onoma, Cupid est un manifeste stylistique annonçant la couleur d'une musique hantée que le groupe pratiquera pendant plus de quinze ans : langueur, tension, éclats de cuivres, électricité rampante, musicalité des mots (entre autres ceux de Shakespeare sur "The Ditty of the drowned father")… Une nervosité contenue imprègne ce disque, nervosité qui atteint ici des pics de fièvre inégalés : le groupe s'amuse parfois à ralentir et à accélérer le tempo ("Full Moon, Full Jail"), tandis que des silences perturbants luttent contre des coups de boutoir électriques ("Aphrodite's Lizard"). La plupart des chansons semblent se débattre, suspendues dans un équilibre précaire, alternant phases de coma et convulsions : rarement un disque de rock aura joué à ce point de la dilatation, de l'expressivité des silences…

Cet album renferme entre autres, parmi ses noires pépites, deux grands classiques du groupe, deux morceaux de bravoure inlassablement joués live : tout d'abord le fameux « Cupid » à la mélodie haletante, et la reprise anamorphosée du « Wild Thing » des Troggs, trahissant l'amour profond de Kat Onoma pour la grande mythologie du rock.

Disque lancinant à souhait, curieux alliage de glace et de feu, Cupid est l'indispensable B.O. des nuits sans sommeil…

A.B.

Kat Onoma : « comme son nom l'indique », en grec. Et comme son nom l'indique, ce quintette strasbourgeois fut, de 1986 à sa séparation en 2004, l'un des groupes rock les plus originaux de l'Hexagone, alliant tension électrique, élégance aristocratique, chaleur glacée et intimisme distant. Avec une rare intégrité artistique et commerciale par-dessus le marché...

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